Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu

de Philippe Dorin

Éditions – L'Ecole des loisirs / collection Théâtre

Nouvelle Création Jeune Public
Saison 2021/2022
Tous publics à partir de 8 ans / Durée 45 min environ

 

Mise en scène / Lumière / Scénographie

Christophe LAPARRA

 

Dramaturgie / Collaboration artistique

Marie BALLET

Interprétation

Marion AMIAUD

Christophe LAPARRA

Patricia VARNAY

Conseiller masque / marionnettes

Loïc NÉBRÉDA

Conseiller sonore

Jean-Kristoff CAMPS

Régie & musique live

Xavier BERNARD-JAOUL

Stagiaire

Louise BENKIMOUN

© Matthieu Fayette

Production Théâtre de Paille 

Coproduction en cours 

Subventions Conseil Régional des Hauts-de-France, Conseil Départemental de L'Oise, en cours 

Un projet mené en partenariat avec l’Amin Théâtre – Le TAG à Grigny

Le texte

 

Résumé

Une petite fille construit sa maison imaginaire. Deux minutes plus tard, elle est devenue une vieille dame. mais elle porte toujours ses chaussures d'enfant. C'est l'heure de mourir, annonce le promeneur. Déjà ? Laisse-moi juste le temps d'une pensée. Je dois retourner rendre ses chaussures à la petite fille. Le promeneur accepte. Mais la petite fille retient la vieille dame, allume sans cesse la lumière, elle ne doit pas, c'est dangereux, car le promeneur revient.

 

Dédicace (extrait)

J'ai écrit en partie cette histoire hébergé dans une classe du 11ème arrondissement de Paris, pendant un mois. Ainsi, chaque matin, je me suis rendu à l'école comme les autres élèves et, comme eux, je me suis installé à la table qu'ils m'avaient préparée au fond de la classe. Pendant qu'eux suivaient la leçon de leur maître sans rien changer à leurs habitudes, moi, je tentais de recréer l'intimité de mon bureau pour écrire.

 

Épigraphe

Tous les enfants sont à l'intérieur d'une vieille personne, mais ils ne le savent pas encore.

 

Personnages

Une petite fille - Une vieille dame - Un promeneur

 

Début du texte

Plateau nu. Éclairage de service. Un promeneur passe en fredonnant. Il sort

Une petite fille entre.

LA PETITE FILLE : Là, c'est la porte. Là, c'est le couloir. Là, c'est la cuisine. Là, c'est la table.

Là, c'est la chaise. Lui, c'est mon petit frère. Pousse-toi !

Là, c'est la fenêtre. Derrière, c'est la mer. Non, c'est la montagne. Non, c'est le désert. Non !

Derrière, c'est juste un petit pré, avec des moutons, un berger et son chien.

Là, c'est le salon. Là, c'est le tapis. Ça, c'est mes chaussures. Là, c'est le fauteuil.

Ça, c'est moi qui attends.

Elle s'assoit.

Un temps.

Éteins !

 

Noir.

 

On entend fredonner le promeneur.

 

VOIX DE LA PETITE FILLE : Allume !

 

La petite fille est devenue une veille dame.

 

LA VIEILLE DAME : Déjà ? Comme elle est venue vite, la nuit ! À peine le temps d'une pensée, et le jour a passé. Où étais-tu pendant cet éclair ? Comme elle est devenue petite, ta maison, ma vieille, tout à coup ! Comme t'es devenue vieille, ma petite, soudain ! À peine le temps d'y voir et, déjà, il fait noir.

Bonne nuit, moutons ! Bonne nuit, berger ! Bonne nuit, chien ! Bonne nuit, fenêtre ! Bonne nuit, porte, table, chaise, tapis, chaussures !

Elle s'allonge.

Bonne nuit, toi !

Éteins !

 

Noir.

 

P. Dorin, Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu, L'Ecole des loisirs, 2002, p. 7 à13

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© Matthieu Fayette

« Le théâtre, c’est comme pour voir une biche dans la forêt, il faut être là au moment où ça se passe. »

Philippe Dorin, Itinéraire d’auteur n° 9: Philippe Dorin, Centre national des écritures du spectacle – La Chartreuse, 2006, p. 56.

avant-propos

En mettant en scène Dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu de Philippe Dorin, je poursuis mon travail sur l’enfance meurtrie, thème présent dans toutes les précédentes créations jeune public de ma compagnie : La petite histoire d’Eugène Durif, Le Petit Poucet de Caroline Baratoux et L’Ogrelet de Suzanne Lebeau. Dans ce texte, une vieille dame vient dire au revoir à la petite fille qu’elle était. La petite fille essaie de retenir la vieille dame en allumant sans cesse la lumière comme pour reculer toujours plus l’instant de la mort. Elle essaie de la retenir à force de mots et d’histoires, mais la Mort rôde, sous les traits du Promeneur, qui vient rappeler à la vieille dame qu’il est l’heure. Dorin nous raconte ici une histoire de transmission et de deuil, mais, en utilisant une langue puissamment poétique qui s’invente en même temps qu’elle s’écrit, il nous place aussi au coeur même de l’acte de création. Une pièce qui interroge avec humour ces thèmes et construit sa dramaturgie en recourant à la figure du double, à l’ellipse stylistique et au jeu sous de multiples formes (jeux de mots, jeux d’enfants, etc...).

 

L’écriture de Dorin est tout en évitements, détours, allusions plutôt que frontalités et évidences. Elle évite ainsi tous lieux communs, toute banalisation, toute quotidienneté et crée une langue poétique et singulière. Philippe Dorin invente et précise son écriture de pièces en pièces. C’est une écriture dramatique qui, comme le dit très justement le chercheur Nicolas Faure, joue des pleins et des vides, de ce qui est montré et de ce qui est laissé à l’imagination du spectateur. À la charge du lecteur, du spectateur et, bien sûr, du metteur en scène de cerner, sans le résoudre, le non-dit à partir du dit pour reprendre à nouveau les mots de Nicolas Faure.

 

La figure du double Dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu ouvre au fantastique et à la polysémie. Ici, l’héroïne n’est pas uniquement confrontée à un double physiquement identique et qui mettrait en lumière une part spécifique d’elle-même (comme dans Le Double de Dostoïevski par exemple où le héros est mis en présence de sa part d’ombre). Dorin fait le choix de mettre son héroïne en présence de son double âgé au moment même de sa mort (la mort étant personnifiée par un personnage énigmatique dénommé Le Promeneur). Jusque dans le choix des noms qu’il attribue à ses personnages, Philippe Dorin affirme, sans équivoque possible, ce choix d’un double générationnel. 

Ainsi au personnage nommé « une petite fille » répond en miroir (déformant) le nom de son double « une vieille dame ». En jouant du dédoublement de sa jeune héroïne, Philippe Dorin invite donc le lecteur ou le spectateur à s’interroger sur sa vie, son devenir, à regarder la mort en face, à la questionner. Ce qui est saisissant et vertigineux dans cette pièce c’est le choix que fait Philippe Dorin de renoncer à une identification univoque de ce double. La vieille dame est indifféremment l’héroïne âgée, la grand-mère de celle-ci ou encore sa mère. Elle incarne toutes les possibles figures maternelles. La figure maternelle étant la part manquante de cette pièce, la figure absente jamais nommée et dont la petite fille doit vraisemblablement faire le deuil.

 

Le personnage du Promeneur est à la fois un personnage à part entière et le double de l’auteur. Le nom du personnage (tout comme le titre de la pièce) est révélateur du positionnement de Philipe Dorin en tant qu’écrivain qui pourrait être défini, me semble-t-il, comme un écrivain qui chemine (non seulement de pièce en pièce mais dans chacune de ces pièces, je veux dire à l’intérieur même de ses pièces). Il est courant de dire à propos d’un auteur que tout part de la page blanche. Concernant Philippe Dorin, je dirai que tout part du papier et de l’encre, de l’encre sur le papier, de l’incidence de l’encre sur le papier, des caractères formés par cette incidence, de la matière que produit cette incidence, à savoir des mots, une langue, du sens. L’écriture se fait donc au présent, s’invente dans l’instant, l’immédiateté. Elle part de la matière des mots tracés à l’encre bleue sur du papier blanc. Cela ne l’empêche nullement d’être pensée et construite. Simplement, elle provient de ce qui lui précède, préside à sa création et résulte d’un constant va-et-vient entre une intuition poétique première et sa réalisation concrète qu’est l’acte d’écriture lui-même. Je parle, ici, du travail de la main de l’auteur qui façonne son écrit comme l’artisan façonne sa pièce. L’auteur a des outils et des matériaux qui lui sont propres et avec lesquels il travaille comme tout artisan : du papier, des stylos, de l’encre, son imaginaire.... Il a également un lieu de travail, un atelier d’écriture. Et si pour Philippe Dorin ce lieu peut être mobile, transitoire (comme une salle de classe), il n’en constitue pas moins, à chaque fois, une maison, en l’occurrence une maison de papier dans laquelle il peut inscrire ses poèmes d’encre. Et des poèmes, Philippe Dorin en a toujours un sur le feu. C’est pourquoi, il construit sans cesse des maisons de papier dans lesquelles il chemine à son gré. Chacune d’elle est un poème qu’il écrit au présent, qu’il invente sur l’instant, qu’il rature et reprend à l’envi, qu’il transforme en boules de papier juste avant de poser les fondations d’une nouvelle maison d’écriture tout aussi fragile et éphémère que la précédente. 

Il me faudra donc être au même endroit de présent, d’immédiateté, d’instantanéité dans mon travail de transposition de cette pièce sur le plateau d’un théâtre. Pour cela, il me faut faire l’inventaire des outils propres à mon artisanat : un texte, un espace vide, des corps et des voix d’acteurs... s’y ajoutent deux outils secondaires : la lumière et le son. Il me faut également tenir compte d’un dernier élément : mon univers, mon imaginaire. À partir de là, je peux commencer à me mettre au travail.

Christophe Laparra

« C’est peut-être ça, le détour de l’enfance, d’être toujours à côté du sujet principal, de regarder toujours ailleurs que là où on devrait. C’est ça aussi, la métaphore, que l’essentiel ne soit jamais dit. »

Philippe Dorin - Table ronde autour des écritures théâtrales jeunesse - Théâtre de la Ville [avril 2013]

Note d'intention

 

Sans être dans une transcription littérale du titre de la pièce je souhaite utiliser le papier dans mon approche scénographique de cette oeuvre. Je veux, au même titre que l’auteur de la pièce, l’utiliser comme matière et support pour inventer les formes, les volumes et les espaces de jeu en utilisant des dérouleurs de papier mobiles et/ou fixes et la machinerie du plateau (plus spécifiquement les perches). Ma matière principale sera du papier kraft (a priori de couleur gris). Cette matière pauvre et brute est le support idéal pour créer l’espace scénique propre à ce texte que je veux progressif, indéfini, non réaliste et plastique. Les acteurs inventeront et moduleront continuellement l’espace en manipulant en direct le papier donnant l’impression que tout naît de lui, que c’est lui qui insuffle le mouvement de l’histoire, des corps, des lumières, des objets. Des ouvertures seront pratiquées dans le papier pour ouvrir des espaces intérieurs et extérieurs, permettre des entrées et des sorties de personnages, d’éléments scéniques (pupitres d’écoliers, lampes), de marionnettes. Les dérouleurs de papier mobiles serviront également de pieds pour fixer des ampoules, des projecteurs. La manipulation du papier produira un univers sonore en direct qui pourra être enregistré, amplifié, transformé, accompagné par le musicien/régisseur son présent sur scène. L’affirmation de ces éléments techniques répond à la nécessité d’écrire au plateau et de faire sens avec le matériau métathéâtral contenu dans le texte. De plus, la manipulation en direct d’une matière aussi plastique que le papier renverra nécessairement l’enfant au plaisir qu’il éprouve lui-même à la découper, la coller, la plier, à écrire ou à dessiner dessus en classe ou à la maison.

Par ailleurs, la lecture de cette pièce, sa dédicace et son épigraphe m’ont immédiatement donné envie de travailler sur la salle de classe en m’inspirant de La classe morte de Tadeusz Kantor.

 

La petite fille traînera derrière elle, depuis le fond du plateau, un vieux pupitre d’écolier en bois qu’elle placera quelque part dans l’espace scénique. Elle répètera la même action avec un second pupitre en bois, une vieille estrade en bois, un grand tableau noir d’écolier. Elle tracera à la craie blanche sur le grand tableau noir des dessins naïfs et enfantins de chaque paysage  qu’elle évoque et les effacera à l’aide d’un tampon effaceur. Elle récitera son poème debout sur l’estrade. Elle l’adressera aux présences invisibles qui ont peuplé cette salle de classe. Peut-être apportera-t-elle, également, un ancien porte-manteau d’écolier.

 

Le promeneur, lui, sera assis sur une chaise en paille à l’avant-scène jardin. Il sera à la fois un personnage (figure de la mort) et le metteur en scène du spectacle qui agence la représentation à vue. Il placera dans l’espace une servante de théâtre, cette lampe posée sur un haut pied qui reste allumée quand le théâtre est plongé dans le noir, déserté entre deux représentations ou répétitions. Régulière, permanente, c’est elle qui veille lorsqu’il n’y a plus personne. Cette veilleuse est parfois appelée sentinelle ou encore Ghost Lamp par les Anglais, en référence aux fantômes qui hantent le théâtre quand il se vide. À chaque scène, il apportera une nouvelle servante. À la fin, chacune des ampoules nues de cette vingtaine de servantes brillera comme une étoile lumineuse. Une pour chaque enfant qui a fréquenté cette salle de classe, le tout créant un ciel étoilé. C’est encore lui qui lâchera de la neige sur les personnages de la petite fille et de la vieille dame et déplacera le mobilier entre les scènes.

 

La vieille dame apparaît en miroir de la petite fille. C’est son double, la personne qu’elle sera dans un lointain avenir mais qui est déjà inscrit en elle. Elle parlera doucement, posément. Ses gestes seront délicats et choisis. Ses habits seront semblables à ceux de la jeune fille mais peut-être seront-ils un peu plus usés, un peu plus poussiéreux. Marque du temps qui a passé. Elle aura chaussé les chaussures de la jeune fille. Il se peut qu’elle soit une apparition, une présence fantomatique, une âme errante, en transition, en attente du grand voyage vers l’au-delà.

 

Un ou des micros seront disposés en coulisses et/ou sur le plateau sonorisant la voix des acteurs lorsque leurs personnages parleront ou chantonneront dans le noir...

 

Au final, il n’y aura peut-être rien de tout cela. Simplement des acteurs sur un plateau vide, leurs voix qui parlent, chuchotent, chantonnent dans un clair-obscur étrange et merveilleux et leurs corps mouvants qui dessinent des espaces imaginaires, poétiques et singuliers. Et au loin, tout au loin, le son d’un feu...

 

Christophe Laparra

« Les scènes m’arrivent dans le plus grand désordre. Elles se contredisent sans cesse. Les personnages ne racontent jamais la grande histoire. »

Philippe Dorin - Table ronde autour des écritures théâtrales jeunesse - Théâtre de la Ville [avril 2013]

L’auteur

 

Né en 1956, Philippe Dorin écrit depuis plus de 30 ans, essentiellement du théâtre pour les enfants, mais ce n’est que depuis 20 ans qu’il se sent un véritable écrivain. Depuis sa rencontre avec Sylviane Fortuny avec qui il fonde la compagnie Pour Ainsi Dire en 1997. Ensemble, ils créent une douzaine de spectacles dont L’hiver, quatre chiens mordent mes pieds et mes mains qui a reçu en 2008 le « Molière du spectacle jeune public », et se forge une identité forte au sein du paysage du théâtre jeune public en France. La compagnie est conventionnée avec la Drac Ile de France depuis 2009. Depuis 2012, elle mène des collaborations à l'international avec La Réunion, le Québec, l'Espagne et la Russie où elle recrée une version franco-russe d'une création de son répertoire en 2014 : Ils se marièrent et eurent beaucoup. Son dernier spectacle Le chat n'a que faire des souris mortes a été créé en novembre 2017 au TGP, centre dramatique national de Saint-Denis où la compagnie est en résidence pendant deux ans, en convention avec le CD93.

 

Depuis 1999, Philippe Dorin travaille aussi avec d’autres compagnons metteurs en scène : Ismaïl Safwan (Flash marionnettes), Michel Froehly (Cie L’Heure du Loup), Thierry Roisin (Comédie de Béthune – cdn), Xavier Legasa (Cie Le Carrosse d'Or), etc ... pour lesquels il écrit des textes qui ne sont pas uniquement destinés aux enfants.

 

Ses pièces sont montées par beaucoup d’autres compagnies en France et à l'étranger.

 

En 2004/05, il est auteur engagé au Théâtre de l’Est parisien.

 

En marge de son travail d’écrivain, il écrit aussi des histoires qui ne tiennent pas dans des livres, à partir de boulettes de papier, de sable, et de petits cailloux blancs, à l’occasion de résidences et sous la forme d’ateliers d’archéologie poétique (Médiathèque de Guérande en 2003, la Chartreuse en 2006, La Réunion en 2008), afin de prolonger, au-delà des mots, l’univers rêvé de l’écriture.

 

Il est Président du Jury du Prix d’écriture théâtrale de la Ville de Guérande 2009.

 

Bibliographie sélective

Le chat n'a que faire des souris mortes 2017

Courte longue vie au grand petit roi 2017

Dans la vie aussi, il y a des longueurs 2015

Sœur, je ne sais pas quoi frère 2013

2084 2012

Abeilles, habillez-moi de vous 2010

L'hiver, quatre chiens mordent mes pieds et mes mains 2008

Les enchaînés 2007

Le Monde point à la ligne 2007

Ils se marièrent et eurent beaucoup 2005

Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu 2002

En attendant le Petit Poucet 2001

Un oeil jeté par la fenêtre 2001

Sacré silence ! 1997

CALENDRIER

Travail à la table

14 au 19 septembre 2020

Résidence de création

TAG - Théâtre à Grigny

 91350 Grigny

Calendrier de répétitions au TAG

19 au 25 Octobre 2020

16 au 22 Novembre 2020

4 au 16 Octobre 2021

8 au 21 Novembre 2021

Présentation publique

sortie de résidence (à confirmer)

Samedi 21 novembre 2021

Au TAG à Grigny

Représentations

Mardi 23 au Vendredi 26 novembre 2021

MCL de Gauchy

scène culturelle conventionnée art, enfance, jeunesse et chanson